Les secrets des cinq piliers de l’islam

sharani

C’est à un théologien et spirituel égyptien du XVI° siècle auquel Abd al Wadud Gouraud nous donne accès à travers la traduction d’une de ses œuvres, un traité sur « les secrets des cinq piliers », exactement intitulé « L’éclatante illumination qui se produit à l’évocation des secrets de la religion ».

Sharani qui se situe dans le courant spirituel d’Ibn Arabi reçut l’enseignement de savants renommés comme Jalal al din al Suyuti, mort en 1505, Zakariyya al Ansari, mort en 1520, et surtout d’un « saint illettré » ‘Ali al khawwas, mort en 1532 et cité par le pape François dans l’encyclique Laudoto si pour appuyer la nécessité de chercher et célébrer Dieu en toutes choses :  « Il ne faut donc pas blâmer de parti pris les gens de chercher l’extase dans la musique et la poésie. Il y a un ‘‘secret’’ subtil dans chacun des mouvements et des sons de ce monde. Les initiés arrivent à saisir ce que disent le vent qui souffle, les arbres qui se penchent, l’eau qui coule, les mouches qui bourdonnent, les portes qui grincent, le chant des oiseaux, le pincement des cordes, les sifflements de la flûte, le soupir des malades, le gémissement de l’affligé… » (Laudato SI n° 233).

A une époque où un certain ritualisme pourrait prendre le pas sur le sens profond et spirituel des rites, on ne peut que saluer cette initiative qui offre une lecture spirituelle des cinq piliers de l’islam que sont « l’attestation de foi, la prière canonique, le don purificatoire, le jeûne du mois béni de Ramadan et le pèlerinage aux lieux saints de la Mecque ».

Cette lecture spirituelle s’appuie sur l’ijtihâd, l’effort intellectuel, en particulier à travers l’exégèse cherchant les sens cachés (al Bâtin) au-delà de l’apparent (al Zhâhir) dans le texte coranique comme dans les rites ou obligations considérés en islam comme « œuvres d’adoration » (‘ibâdat).      

L’ouvrage de Sharani s’adresse au murîd, l’aspirant engagé, à travers l’enseignement d’un maître spirituel, dans la voie de la connaissance de Dieu. Il parle à ses propres disciples mais peut toucher les croyants « ordinaires », leur rappelant l’importance de la « disposition du cœur avant la conformité extérieure » de l’intention toujours à purifier.  Car, comme l’affirme un hadith, « les actes ne valent que par les intentions et chacun aura selon ce qu’il a visé ».

Chaque chapitre consacré par Sharani à l’un des piliers est introduit à l’initiative du traducteur par la présentation approfondie de chacun de ces piliers, ce qui permet même à un non-spécialiste d’entrer de manière claire dans la lecture de l’ouvrage et dans la compréhension de ces éléments fondamentaux de la foi musulmane.

Le livre se présente ainsi comme un bon outil, une très bonne initiation à la connaissance de l’islam : théologie, foi et pratique des musulmans, en donnant toute la dimension spirituelle des obligations rituelles qui en sont le cœur.

Sœur Colette Hamza

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