Les territoires conquis de l’islamisme

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Il n’est pas facile de rendre compte d’un livre si important par son nombre de pages. Il a été l’objet d’un véritable battage médiatique si bien que, sorti de presse en janvier 2020, il affichait déjà un second tirage en… janvier 2020 !!! Qu’y a-t-il de si spécifique dans ce livre ?

Dans une longue introduction, l’auteur nous présente son but : il ne s’agit pas d’une étude sur l’islam dans nos banlieues occidentales, mais plutôt de sa traduction idéologique actuelle, c’est-à-dire l’islamisme (p. 7). Il y a chez beaucoup de jeunes musulmans un phénomène de rejet de toute société occidentale (et non seulement la française). En raison de cela, il faut vivre un Islam de rupture avec le milieu ambiant. L’auteur nous montre ainsi un début de « prise de pouvoir des islamistes sur l’expression de l’islam en France » (p. 15). Comment cela va-t-il se faire ? L’auteur nous livre un début d’explication en analysant différentes idéologies, différents lieux de manifestations islamistes et, finalement, des témoignages recueillis dans la prison de Fleury-Mérogis.

Concernant les idéologies, il attire notre attention sur quatre d’entre elles qu’il identifie comme « les quatre variantes de l’islamisme » : les Frères Musulmans, le Tabligh, le salafisme et le jihadisme. Toutes, à des degrés divers, se situent en opposition au milieu ambiant très occidentalisé. Il y a pour leurs partisans un rejet de la société occidentale, un refus de la sécularisation d’origine occidentale qu’ils comprennent comme une élimination de toute religion. Il y a chez eux une peur viscérale d’être manipulés par les responsables occidentaux. Même le mouvement « beur » est parfois déprécié dans ses objectifs. « Sommes-nous des sous-citoyens ? » pensent-ils (p. 67). En résumé, ils semblent vouloir « pour toute l’Union Européenne une définition communautaire et collective d’un islam soumis à leurs directives. » (p. 27) Un autre pourra dire « qu’il faut décoloniser l’islam de toute corruption occidentale » (p. 77).

La deuxième partie du livre est consacrée à une présentation de certains lieux où l’islamisme a trouvé une place : Aubervilliers, Mantes la Jolie, le Val Fourré, Argenteuil, le Val de Marne, Toulouse et même Molenbeek, à Bruxelles, en Belgique. La lecture fait un peu « froid dans le dos ». Mais c’est la réalité, sans ambages. Elle nous donne une description aussi précise que possible de la présence active de cellules islamistes, comment elles se sont progressivement insérées et comment elles continuent d’agir aujourd’hui. Reste à savoir maintenant comment nous, non musulmans, nous devons réagir.

La première réaction serait l’amalgame et de couper les ponts avec tous les musulmans. Nous servirions ainsi leur but qui est de diviser la société entre les bons et les mauvais. La deuxième réaction serait de prendre acte de ces réalités, aussi pénibles soient-elles, mais en admettant que ce n’est pas là le tout de l’islam. Car l’islam n’est pas un comme il semblait l’être du temps de son prophète. Il est multiple, non seulement dans l’expression de sa foi, mais aussi dans ses orientations socio-politiques. Il ne faudrait pas se limiter à ce seul livre qui se consacre uniquement aux manifestations concrètes de cet islam idéologique, l’islamisme devenue idéologie de combat.

Nous arrivons ainsi à la grande faiblesse de ce livre qui ignore les autres membres de l’islam, ceux que l’on appelle « les musulmans modérés » et qui sont bien plus nombreux que nous le croyons. On n’en trouve qu’une seule mention quand l’auteur nous parle de « prêcheurs violents contre lesquels les vieux travailleurs, médusés, ne peuvent rien. » (p. 234). On pourra nous répondre que ce n’était pas là le but de l’ouvrage. C’est vrai ! Néanmoins, c’est là un point qui ne peut pas être ignoré et qui aurait pu faire le point final de ce livre sans conclusion.

Gilles Mathorel

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