Musulmans et Chrétiens. Pistes pour un dialogue sans angélisme ni pessimisme

mus

Hicham Abdel Gawad n’est pas très connu, tout au moins « médiatiquement » sur la scène internationale. Mais grâce à ses activités d’enseignant des jeunes, il a une influence certaine dans les milieux belges et bruxellois où il réside et travaille.

Son premier livre « Les questions que se posent les jeunes sur l’islam » en est déjà une bonne illustration. Il nous offre ici une approche à la fois progressive et pédagogique des problèmes suscités par les possibilités d’un dialogue entre musulmans et chrétiens.

Ce livre n’a que 4 chapitres. Le premier chapitre ne fait que 3 pages auquel il a donné le titre de « Introduction ».On retiendra alors son chapitre 2 : « Les premiers contacts islamo-chrétiens : une progressivité dans la controverse ». Beaucoup d’autres ouvrages essaient de nous retranscrire les débuts de l’Islam. Ici, l’auteur ne nous cache pas les difficultés d’un islam naissant sous l’impulsion de Mohammed et de la Révélation qu’il a reçue. Il en est sorti un Coran, mis par écrit 150 ou 200 ans après lui. Mais cela nous offre « un texte allusif » car il était adressé à des auditeurs déjà familiers des personnages impliqués et de l’histoire locale (p.13). Face au Christianisme, l’islam fut d’abord appréhendé comme une secte nouvelle. Ce n’est qu’avec Jean de Damas qu’il obtiendra ses premières lettres de noblesse et sera considéré comme une nouvelle religion. Ce ne sera que bien plus tard qu’il sera considéré comme une religion rivale digne d’être réfutée (p.28). Aussi, les premiers contacts entre chrétiens et musulmans s’apparentèrent beaucoup plus à la controverse qu’au dialogue (p.35). Il faudra donc repartir sur de nouvelles bases.

Le chapitre 3 « De la théologie à la philosophie : la dogmatique comme mur dialectique », veut nous présenter le dialogue à partir d’une approche théologique ou dogmatique. L’auteur passe en revue toutes les possibilités qui nous permettraient de trouver dans les sphères de la théologie un point de départ qui nous permettrait de nous retrouver dans un discours commun. Qu’il s’agisse du personnage de Jésus ou d’Abraham ; d’une plateforme commune en tant que Religions du Livre, ou encore de religions Révélées, aucune de ces possibilités n’offrent de solutions satisfaisantes. Il en vient donc à suggérer de quitter la théologie au profit d’une autre approche … philosophique. (p.75) Pour y arriver, il nous demande de prendre nos distances pour parler DE religion et non plus « parler religion ». Ainsi, souligne-t-il, « Aborder philosophiquement le dialogue islamo-chrétien, est donc refuser de particulariser la réflexion que ce soit avec une signature chrétienne ou signature musulmane. ». C’est un appel à se pré-positionner même en marge de l’islam et du christianisme. (p.83)

Cette approche philosophique est présentée dans le chapitre 4. Il est le chapitre le plus difficile à lire surtout si le lecteur n’est pas familier avec les théories de Hegel, Kant et Jurgen Habermas.

La conclusion de 4 pages, est un très bon résumé de ses démonstrations et une invitation à construire ce dialogue entre l’islam et le christianisme. Pour lui, il y a « urgence de repenser le rôle que l’on souhaite faire tenir au christianisme et à l’islam … La question qui devrait gouverner leurs échanges est celle de la place que les musulmans et les chrétiens veulent donner aux relations qu’ils entretiennent à titre d’exemple pour la postérité » dans une participation au bien commun (p.126-127).

Gilles Mathorel

 

Agenda

En dialogue

Le mariage islamo-chrétien

Mariages Catholique-Musulman(e) - cliquez sur l'image

Twitter