Main dans la main pour vivre ensemble

La Ferté-Macé, charmante petite ville de l’Orne de 6.000 habitants, située dans le bocage normand et bordée par le massif forestier des Andaines. Sa campagne entremêle troupeau de vaches, nombreux haras, églises et chapelles romanes et nombreux vergers de pommiers. En un mot, une région bien française.Pourtant, depuis plusieurs mois, pour cause de solidarité et d’hospitalité et sous l’impulsion de l’association Accueil Migrants La Ferté-Macé Domfront qui compte 75 adhérents, cette bourgade est dorénavant arpentée par des Soudanais, des Tchadiens, des Ethiopiens, des Erythréens, des Maliens et des Afghans.

Ils ont pour nom Bahradine, Red , Gamar, Siraj, Muzamil, Babekir, Bechir, Ali… Ils ont entre 25 et 45 ans. La plupart sont musulmans.

Répartis par six dans des appartements mis à leur disposition, le temps de faire les démarches pour obtenir le statut de réfugiés, ils profitent de leur temps libre pour essentiellement apprendre le français avec des bénévoles comme Thérèse, faire des démarches administratives et se soigner.

Car, s’ils sont arrivés dans l’Ouest de la France, c’est qu’ils ont dû fuir leurs pays en guerre et prendre un chemin d’errance qui, pour certains, a duré plusieurs années. Le périple a commencé par la Libye où beaucoup furent exploités par des passeurs sans scrupules. Puis l’Italie après une traversée en canots pneumatiques où certains perdent la vie pour cause d’épuisement ou de maladie, avant d’être recueillis par des navires comme l’Aquarius. Une fois quittés les centres d’accueil de la péninsule, ils ont pris la direction de Paris en train via la gare de Vintimille ou à pieds avec une périlleuse traversée des Alpes. Portés par l’espérance d’une vie meilleure, ils constatent tout au long de la route que si « certains n’aiment ni les noirs ni les migrants, d’autres sont très gentils et accueillants ». Ayant connu le « camp » parisien de la Porte de la Chapelle, ils finissent par se voir proposer par les autorités d’aller dans un hébergement collectif, en province, et se retrouvent ainsi en Normandie. D’autres iront dans le Sud-Est, comme à Oloron-Sainte-Marie ou dans le centre de la France…

Tous témoignent de ce que mieux vaut être en appartement collectif ou individuel que dans des grandes structures ou dans des Formule 1 où l’on peut se retrouver à 70, 80 ou 100. A l’anonymat de la grande ville, beaucoup préfèrent ces petites villes où une partie de la population témoigne d’une belle solidarité, dans une grande diversité de croyances et philosophies, et s’engage dans un esprit citoyen au service de l’autre en détresse.

Quand la parole leur est donnée, ils partagent leurs sentiments : « Merci beaucoup pour votre accueil des musulmans ! Merci à tous les bénévoles qui nous aident ! », lancent un appel : « Musulmans et catholiques, unis, main dans la main, pour vivre ensemble ! » avant que l’un d’entre eux avoue : « Notre vie est difficile car voilà un an et demi que j’attends la réponse à ma demande de statut de réfugié ».

Vincent Feroldi

Article paru dans EN DIALOGUE n° 8 à commander au SNRM (snrm@cef.fr) au prix de 10 euros franco de port

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