La charte de la Mecque

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A la veille des sommets de la Ligue arabe et de l’Organisation de la Coopération islamique, La Mecque a accueilli une conférence internationale des religieux musulmans. Plus de 1.200 érudits en provenance de 139 pays se sont réunis dans la ville sainte pour y célébrer les valeurs de l’islam « du juste milieu ».

L’évènement, organisé par la Ligue islamique mondiale les 28 et 29 mai 2019, a été marqué par la publication de la «Charte de La Mecque», document souhaitant établir les valeurs de la coexistence entre les adeptes des religions. Voici  les versions officielles de ce texte publiées en arabe  (voir aussi en ligne) et en français.

Mais il nous a semblé intéressant de mettre à la disposition des acteurs du dialogue et des chercheurs une traduction française établie par le frère Emmanuel Pisani, dominicain et membre de l’IDEO, traduction qui sera publiée dans MIDEO 35.

En effet, la « Charte de La Mecque » rappelle l’écho majeur et l’influence considérable de la « Charte de Médine » qui a été ratifiée par le Prophète, il y a quatorze siècles, avec les différentes composantes de sa Médine illuminée, tant dans ses religions, ses cultures et ses ethnies. Cette Charte constitutionnelle a servi de modèle pour affermir les valeurs du vivre-ensemble et pour réaliser la paix entre les composantes de la société humaine.

Ainsi la «Charte de La Mecque» est un guide islamique. Sa lumière est héritée des aspects saillants de cette Charte éternelle. Elle a été énoncée par de grands savants (ʿulamāʾ) de la Umma islamique, à partir de leur qibla unifiante, pour traverser le monde du quinzième siècle de l’hégire et du vingt-et-unième siècle de l’ère chrétienne.

L’émission de cette Charte en provenance de la Maison séculaire vers laquelle s’orientent les cœurs des musulmans est bien une confirmation de l’importance de sa référence spirituelle pour le monde islamique. C’est là où se trouvent la qibla de l’islam et des musulmans, la source de son rayonnement aux mondes issue de ce lieu immaculé qu’est La Mecque du Royaume arabe saoudien, là où l’on mentionne l’auguste mérite de ses dirigeants politiques en ce qu’ils ont assuré de grands services aux musulmans et à toute l’humanité.

 Découvrez-en maintenant la teneur :

La charte de la Mecque, 28-29 mai 2019

(traduction établie par fr. Emmanuel Pisani MIDÉO 35)

 

De l’esplanade de Bayt al-Ḥarām, à l’ombre de la Kaʿaba honorée, la présence au Congrès de « la Charte de La Mecque » de grands savants (ʿulamāʾ) de la Umma islamique, à commencer par ses grands muftis, rappelle l’écho majeur et l’influence considérable de la « Charte de Médine » qui a été ratifiée par le Prophète il y a quatorze siècles, avec les différentes composantes de sa Médine illuminée, tant dans ses religions, ses cultures et ses ethnies. Cette Charte constitutionnelle a servi de modèle pour affermir les valeurs du vivre-ensemble et pour réaliser la paix entre les composantes de la société humaine.

La « Charte de La Mecque » est un guide islamique, sa lumière est héritée des aspects saillants de cette Charte éternelle. Elle a été énoncée par de grands savants (ʿulamāʾ) de la Umma islamique, à partir de leur qibla unifiante, pour traverser le monde du quinzième siècle de l’hégire et du vingt-et-unième siècle de l’ère chrétienne.

L’émission de cette Charte en provenance de la Maison séculaire vers laquelle s’orientent les cœurs des musulmans est bien une confirmation de l’importance de sa référence spirituelle pour le monde islamique. C’est là où se trouvent la qibla de l’islam et des musulmans, la source de son rayonnement aux mondes issue de ce lieu immaculé qu’est La Mecque du Royaume arabe saoudien, là où l’on mentionne l’auguste mérite de ses dirigeants politiques en ce qu’ils ont assuré de grands services aux musulmans et à toute l’humanité.

Les musulmans, quand ils publient cette Charte sont représentés par leurs référents religieux qui se sont réunis, avec bénédiction. Leur rencontre a été honorée tant du point de vue spatial que temporel car ils ont avoisiné par leur rassemblement historique la Maison séculaire lors des derniers dix jours du mois béni de Ramadan. Ils assurent qu’ils sont une part de ce monde et de ses activités civilisationnelles, qu’ils tendent à communiquer avec tous ses composants pour mettre en œuvre le bien pour l’humanité et affermir ses valeurs nobles et pour construire les ponts de l’amour et de l’harmonie humaine et combattre les pratiques de l’injustice, le choc des civilisations et les ravages de la haine.

Ainsi, les conférenciers insistent sur les fondements de cette Charte historique qui inclut les bases et les principes suivants :

1. Les hommes avec leurs différences ethniques ont tous la même origine et sont tous égaux dans leur humanité, Dieu dit : « O vous les hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés de la même âme, puis a créé à partir d’elle sa femme et ensuite fait naître à partir d’eux de nombreux hommes et femmes. Craignez Allah, Celui qui vous interrogera, et respectez les entrailles qui vous ont portées. Dieu vous observe » (Sourate Les Femmes, 1). Tout comme Dieu a recouvert d’honneur divin tous les êtres humains. Il dit : « Nous avons ennobli les fils d’Adam et les avons transportés sur terre ferme et sur la mer. Nous leur avons accordé de bonnes nourritures et les avons préférés à beaucoup de ceux que Nous avons créés » (Sourate Le Voyage nocturne, 70).
2. Rejeter expressions et discours racistes et dénoncer toute parole odieuse d’arrogance maquillée par les illusions de supériorité artificielle. Les plus proches de Dieu parmi les hommes sont les plus pieux envers Dieu. Dieu dit : « Le plus proche d’Allah parmi vous est le plus pieux parmi vous » (Sourate Les appartements, 13). De même, le meilleur d’entre vous est le plus empressé envers les gens, comme on le trouve dans le adīṯ : « Le meilleur parmi les gens est le plus empressé à leur égard » (Ṭabarānī, al-Muʿǧam al-kabīr).
3. La différence entre les nations dans leurs croyances, leurs cultures, leurs natures et leurs manières de pensée est un vouloir divin (qadarun ilahī) tel que la sagesse de Dieu l’a décidée. Reconnaître cette loi universelle et la considérer avec la logique de l’intellect et de la sagesse conduisent à l’harmonie et à la paix humaine ce qui est préférable à l’arrogance et la confrontation à son encontre. Dieu dit (selon le sens des versets : « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait rassemblé tous les hommes en une seule communauté, mais ils ne cessent pas de diverger » (Sourate ūd, 118). Il revient à tous ceux qui sont guidés vers la vérité de l’exposer aux gens.
4. La diversité (tanawwaʿ) religieuse et culturelle dans les sociétés humaines ne justifie pas le conflit et l’affrontement, mais au contraire appelle à établir un partenariat civilisationnel « positif » (īǧābiya), une communication efficace qui fait de la diversité un pont pour le dialogue, la compréhension, la coopération au bénéfice de tous. Elle stimule à s’investir au service de l’homme et de son bonheur, à rechercher des dénominateurs communs (muštarikāt al-ǧāmiʿa), à les employer pour l’édification d’un état de pleine citoyenneté (dawla al-muwāana al-šāmila) fondé sur les valeurs, la justice, les libertés légales (al-urriyyāt al-mašrūʿa), le respect mutuel et l’amour du bien commun (maḥḥabat al-ayr li-l-ǧamīʿ).

5. L’origine des religions célestes est unique – c’est la foi en Dieu le Très-Haut, l’Unique, qui affirme qu’il est sans associé – et en ses lois et ses diverses voies ; on ne devrait jamais assimiler la religion aux mauvaises pratiques politiques (lā yaǧūz al-rab bayna al-dīn wa-l-mumārasāt al-syāsiyya al-āiʾa) des dignitaires religieux.

6. Le dialogue des civilisations (al-iwār al-aārī) est le meilleur chemin pour parvenir à la juste compréhension de l’autre, à l’identification de dénominateurs communs et à surmonter les obstacles à la coexistence, à triompher des problèmes afférents. Cela contribue à la reconnaissance effective de l’autre, à son droit à exister, ainsi que tous les autres droits légaux, ce qui met en œuvre la justice, la compréhension entre les parties, en ce qu’elles renforcent le respect de leurs particularités, et dépassent les préjugés imputés aux querelles de l’histoire qui ont exacerbé le danger de la haine et des théories du complot. On ne doit plus généraliser les cas de déviance due à des aberrations dans les attitudes et les comportements. ON doit affirmer que le passé est le passé et que nul ne peut se voir accusé de la faute d’un autre (lā tazaru wāzira wizra urā) et ce, quels que soient les chapitres de l’histoire que l’on peut invoquer, de la religion ou de la pensée, de la politique ou du nationalisme. Dieu dit : « Cette communauté a passé. Ce qu’elle a acquis par ses œuvres lui appartient et ce qu’elle vous a acquis vous revient ; vous ne serez pas interrogez sur leurs actes » (Sourate La Vache, 134). Dieu Le Très-Haut dit aussi : « ‘‘Qu’en est-il donc des premières générations ?’’  dit Pharaon. Moïse répondit: « La connaissance en est auprès de mon Seigneur, inscrite dans un livre. Mon Seigneur ne s’égare pas et il n’oublie pas » (Sourate aha, 51-52).

7. Sont innocentes les religions (barāʾa al-adyān) et les philosophies des initiatives [malheureuses] de leurs adeptes et de leurs imposteurs, qui ne représentent que ceux qui les soutiennent, et les nombreuses lois   qui n’appellent qu’aux principes du culte du Créateur et qu’à s’approcher de Lui en se mettant au service de ses créatures, en préservant leurs dignités, en promouvant leurs valeurs (taʿzīzi qīmihum), en améliorant au mieux le comportement, en préservant les relations familiales et sociales positives. Le Prophète (paix sur lui a dit) : « Je n’ai été envoyé que pour perfectionner le bon comportement » (Aḥmad, Musnad).

8. S’entre-aider pour en finir avec la destruction de l’homme et de l’habitat. La coopération (taʿāwūn) pour le bien de l’humanité se réalise par une alliance internationale (ilf ʿālamī) effective qui dépasse les théorisations et les slogans abstraits, et cela pour parvenir à corriger le désordre civilisationnel dont l’une des expressions et des conséquences est le terrorisme.

9. Promulguer des législations dissuasives contre les promoteurs de la haine, les instigateurs de la violence, du terrorisme et du choc des civilisations doit suffire à assainir les causes des conflits religieux et ethniques.

10. Les musulmans ont enrichi la civilisation humaine d’une expérience unique et substantielle et ils sont en mesure aujourd’hui de lui apporter de nombreuses contributions positives dont a besoin l’humanité dans les crises morales, sociales et environnementales dont elle souffre en l’absence de valeurs, et qui est un des effets négatifs de la mondialisation.

  1. La lutte contre le terrorisme, l’injustice et l’oppression, le refus de l’exploitation des ressources des peuples et de la violation des droits de l’homme (intihāq ḥuqūq al-insān) est un devoir pour tous. On ne peut permettre la discrimination ou le favoritisme (muḥābāt) car l’éthique juste refuse toute disparité (taǧziʾa), supprime l’injustice et soutient les causes justes. Il s’agit de former une opinion publique internationale qui le soutienne et qui établit la justice : c’est une obligation morale qu’on ne peut traiter avec négligence.
12. La Nature dans laquelle nous vivons est un don du Créateur pour les hommes. Il lui a consacré ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre, aussi, l’usage intempestif des ressources naturelles, son gaspillage et sa pollution constituent une violation du droit et un préjudice aux droits des générations futures.

13. La thèse du conflit des civilisations, l’exhortation à la confrontation, le fait d’inspirer la peur de l’autre (tawīf al-ār) sont des manifestations de l’isolement, de l’arrogance suscitée par l’inclinaison raciste, la domination culturelle négative, le repli sur soi. Il s’agit là au mieux d’une erreur méthodologique, d’un manquement intellectuel ou encore d’un manque de foi dans les principes de la structure de la civilisation. Dès lors, d’aucuns exacerbent les conflits en vue d’un affrontement plutôt que de prévaloir une souveraineté naturelle et pacifique quand on en a le pouvoir naturel.

14. Les conflits et les affrontements contribuent à enraciner la haine, à attiser le désamour entre les nations et les peuples, à entraver la mise en œuvre de l’exigence de la coexistence et de l’intégration nationale positive (al-indimāǧ al-waanī al-īǧābī), en particulier dans les pays à diversité ethnique et religieuse ; ils sont les premiers matériaux vecteurs de la violence et du terrorisme.

15. Le phénomène « d’islamophobie » est dû à un manque de connaissance de l’islam authentique, de son apport civilisationnel, ainsi que de ses hauts objectifs. La connaissance profonde de l’islam exige la vision objective qui rejette les idées préconçues pour pouvoir le comprendre en réfléchissant à ses principes et fondements, et non pas en se cantonnant à des déviances orchestrées par des imposteurs en son nom, et soutenir des propos extrémistes qui renvoient à tort à ses lois.
16. Renforcer les valeurs éthiques et nobles, encourager les pratiques sociales d’envergure est une obligation pour tous, au même titre que la coopération pour faire face aux défis moraux, environnementaux, familiaux, conformément aux concepts islamiques et humanistes communs.
17. La liberté individuelle (al-urriyat al-šaḫṣiya) ne justifie ni l’atteinte aux valeurs humaines ni la destruction des systèmes sociaux. Il y a une différence entre la liberté et le chaos, et toute liberté doit s’arrêter au sein du périmètre des valeurs et des libertés des autres, des limites de la constitution et du régime (niām), tout en étant respectueuse de la conscience publique (al-wiǧdān al-ʿām) et de la sérénité de la société (sakīnat al-muǧtamaʿia).
18. L’ingérence dans les affaires des États constitue une violation inacceptable, en particulier en ce qui concerne les stratégies d’hégémonie politique avec leurs convoitises économiques ou autres, la promotion d’idées sectaires ou encore la velléité d’imposer des fatwas au-delà de contextes et de situations différents tant du point de vue de l’espace que des coutumes particulières qui s’y rattachent. Ceci n’est pas autorisé, qu’elle que soit la motivation, aussi louable soit-elle, nonobstant une légitimité qui l’autorise par le biais d’une demande formelle, en raison d’un intérêt supérieur alors qu’il s’agit de faire face à un agresseur, un rebelle ou un fauteur de trouble, d’un appel à l’aide, de la protection ou du développement, etc.
19. Les expériences réussies de développement au niveau international constituent un modèle à suivre pour prévenir toutes les formes de corruption, s’assurer que chacun répondra de ses actes de manière très claire, et s’employer à changer les modes de consommation qui entravent les programmes de développement, épuisent les richesses et gaspillent les ressources.
20. L’affermissement des sociétés musulmanes est de la responsabilité des institutions d’éducation et d’enseignement au moyen de leurs programmes, de leurs enseignants et de leurs outils afférents. De même, toutes les plates-formes d’influence en particulier la prédication du vendredi ou les institutions de la société civile, doivent affiner le sentiment religieux et le guider vers les concepts du juste milieu (wasaiya) et de tempérance (iʿtidāl), et mettre en garde contre l’attrait négatif qui conduit à donner trop d’importance aux théories du complot et aux conflits religieux et culturels, ou à semer la déception au sein de la communauté ou encore à éprouver seulement de la défiance envers les autres ou à exagérer.
21. Œuvrer à l’équilibre de la coexistence entre toutes les composantes religieuses, ethniques et culturelles à l’échelle de l’humanité appelle à la coopération des dirigeants du monde et de toutes les organisations internationales, à ne pas faire de différences – en ce qui concerne l’aide politique, économique ou humanitaire – entre les gens sur des bases religieuses, ethniques ou autres.
22. La citoyenneté globale pour tous est un devoir dicté par les principes de la justice islamique envers l’ensemble de la diversité nationale, dans le respect de la constitution et de la loi, exprimant la conscience nationale par consensus ou majorité, devoir que l’État doit respecter. De même, ses citoyens ont le devoir d’une sincère loyauté, de préserver la sécurité, la paix sociale, de protéger les espaces sacrés, tout cela conformément au principe du devoir mutuel (istiḥqāq al-mutbādal), des droits justes pour tous, y compris des minorités religieuses et ethniques.
23. L’attaque contre un lieu de culte est un acte criminel qui exige en réponse une action législative ferme, des garanties politiques et sécuritaires fortes, tout en faisant face aux idées extrémistes qui les encouragent.
24. Le renforcement des initiatives et des programmes pour lutter contre la faim, la pauvreté, les maladies, l’ignorance, le racisme, la dégradation de l’environnement dépend de la solidarité de toutes les entités responsables qu’elles soient gouvernementales, internationales, civiles, et des militants impliqués au service de l’action humanitaire, de la protection de la dignité de l’homme et du respect de ses droits.
25. L’émancipation (tamkīn) légitime de la femme, conformément au cadre qui préserve les limites (udūd) [fixées] par Dieu, est un de ses droits, et il n’est pas possible que perdure la marginalisation de son rôle ou la dégradation (imtihān) de sa dignité, que ce soit en minimisant son importance ou en entravant ses chances tant dans les domaines religieux, scientifiques, politiques que sociaux ou autres, d’autant plus qu’elle détient en tout cela le rang qui lui revient sans qu’il y ait discrimination à son égard, que ce soit l’égalité des salaires et des chances, conformément à sa nature, et des critères de compétence et de parité justes envers tous. Entraver le déploiement de cette justice est un préjudice contre les femmes en particulier et pour la société en général.
26. Le soin [à apporter] aux enfants en matière de santé, d’éducation et d’enseignement est au premier rang des responsabilités des États, des organisations et des instituts publics et privés compétents, sans parler des responsabilités de la famille. Ils doivent en particulier s’impliquer à former leur pensée pour élargir les horizons et renforcer leurs capacités ainsi que donner les moyens aux potentiels de leur créativité et leurs qualités de communication, et les préserver de toute déviance.
27. L’affermissement de l’identité de la jeunesse musulmane qui repose sur cinq piliers – la religion, la patrie, la culture, l’histoire et la langue – la protège contre les tentatives d’exclusion (iqāʾ) ou d’assimilation (al-awabān al-mutaʿammad) intentionnelle ou non intentionnelle et requiert la protection des jeunes contre les théories du choc des civilisations, contre l’embrigadement par la propagande, l’extrémisme intellectuel avec sa radicalité, sa violence ou son terrorisme. Il faut renforcer les aptitudes à communiquer des jeunes avec les autres par une conscience qui adopte la vision large de l’islam, son éthique de la bienséance (adab) qui rassemble les cœurs, notamment par les valeurs de tolérance, de coexistence dans la paix et l’harmonie qui prennent en considération l’existence de l’autre, préservent sa dignité et ses droits, sont conforme à la règlementation des pays dans lesquels ils résident, avec une coopération et des échanges bénéfiques avec lui, en conformité avec les concepts de « famille humaine »  dont l’islam a affirmé les grands principes. Les instigateurs de cette charte soulignent l’importance de la création d’une instance internationale (par une initiative islamique) eu égard aux affaires de la jeunesse en général, qui pose au cœur de ses programmes la communication (tawāil) par le dialogue constructif de la jeunesse avec tous, tant au sein qu’en dehors du monde islamique, en prenant en compte de manière claire et nette les thèses de tous les jeunes et de leurs questionnements, moyennant des compétences dans la science et la pédagogie, [l’aptitude] à partager avec les jeunes, à dialoguer, à débattre par un discours alternatif qui prenne en compte leurs temps et leurs sentiments, afin d’éviter l’absence qui a eu lieu, qui a créé un vide et a conduit à des conséquences négatives.
28. Toutes les décisions, initiatives et programmes doivent dépasser le stade théorique, les énoncés formels, la verbosité inutile, de sorte qu’ils aient un impact positif tangible qui reflète la gravité, la crédibilité et la force du système, en particulier en ce qui concerne l’instauration de la paix et de la sécurité internationales, et la condamnation des méthodes de génocide et d’épuration ethnique, le déplacement forcé [des populations], le trafic des êtres humains et l’avortement illégal.
29. Ne sont habilités à traiter des affaires de la Umma islamique, à parler en son nom dans les affaires religieuses et en tout ce qui la concerne, que les savants fermement enracinés dans des rassemblements comme celui de la Conférence relative à cette charte, et qui se distingue par la bénédiction de ce lieu qui est la qibla unifiante. Le travail religieux et humanitaire commun en vue de l’intérêt de tous exige la collaboration de tous, sans exclusion, racisme ou discrimination à l’encontre des fidèles d’une religion, ou de la race ou de la couleur.

 

 

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